Éditorial

Comme il a déjà été observé dans la Publication trimestrielle sur la réglementation de l’énergie (ERQ)1, les progrès découlant de l’innovation technologique dans la production et la distribution d’énergie soulèvent des enjeux politiques et réglementaires importants. Même si dans le contexte actuel ces enjeux ne suscitent pas le même degré d’attention publique (ou d’intérêt public) que la controverse entourant le développement de l’infrastructure et le changement climatique, ils représentent des défis de taille pour les décideurs et les organismes de réglementation dans le secteur de l’énergie.

Les ressources énergétiques distribuées (RED) font partie de cette innovation. Dans leur article intitulé « Distributed Energy Resource Development in Ontario: A Socio-Technical Transition in Progress? », Mark Winfield et Amanda Gelfant font valoir que même si les ressources énergétiques distribuées ouvrent la perspective de renforcer la durabilité des réseaux énergétiques, leur émergence présente des défis pour les décideurs, les organismes de réglementation et les acteurs du réseau électrique. L’Ontario offre une étude de cas importante pour explorer les tensions entourant leur développement.

« L’innovation » (même si elle n’est pas de nature technologique) est également au cœur de l’article de Michael Cleland et de Tonja Leach, intitulé « Much of Canada’s Energy and Climate Challenge is Local — and so are Many of the Solutions. » Les auteurs affirment que l’on doit réorienter la conversation avec les « collectivités qui gèrent intelligemment leur consommation énergétique », ce qui aura des répercussions sur le système de réglementation énergétique. Par exemple, même si le changement technologique est important, « ce qui manque à la conversation technologique est un domaine complet d’innovation touchant les établissements qui superviseront le changement et le déploiement de nouvelles technologies. »

La réforme hautement controversée du processus d’évaluation du gouvernement fédéral pour l’examen des projets énergétiques et d’autres projets de mise en valeur relevant du gouvernement fédéral, appelée projet de loi C-69, est maintenant une loi. Parmi les changements apportés, l’Office national de l’énergie a été remplacé par la Régie de l’énergie du Canada, qui, déjà dans les premières semaines de son existence, a reçu une demande importante sans précédent de mettre un terme au processus d’appel de soumissions lancé par Enbridge en vue de faire passer 90 % de la capacité de son réseau principal de transporteur public à transporteur contractuel. Les changements mis en œuvre avec la proclamation du projet de loi C-69 (qui couvre beaucoup plus que le processus d’évaluation des projets d’infrastructure comme tel) sont examinés dans l’article intitulé « Bill C-69: Introducing the Canadian Energy Regulator and the Impact Assessment Agency », d’Evan W. Dixon, de Brittney N. LaBranche, de Brendan K. Downey et de Mike B. Chernos.

Comme il a été annoncé dans le dernier numéro, ERQ présente une série d’entrevues avec les présidents des tribunaux des services publics du Canada. La deuxième entrevue écrite de la série, avec Jocelin Dumas, président de la Régie de l’énergie du Québec, est présentée dans ce numéro de l’ERQ. Nous désirons rappeler aux lecteurs que les autres entrevues non écrites de la série sont affichées régulièrement en tant que balados sur le site Web de l’ERQ2.

Ahmad Faruqui critique l’ouvrage de Gretchen Bakke, intitulé The Grid: The Fraying Wires Between Americans and Our Energy Future. Mme Bakke enseigne l’anthropologie culturelle à l’Université McGill et ouvre une nouvelle perspective sur un sujet important dont on a beaucoup débattu dans les revues savantes et les revues spécialisées. M. Faruqui explique que, comme nous pouvions nous y attendre, le livre de Mme Bakke a retenu l’attention favorable du Wall Street Journal et du National Post et l’auteure a participé à une émission de la National Public Radio (NPR). Cependant, il conclut « qu’un livre qui commence sur une note prometteuse mène le lecteur sur un chemin qui grouille de généralisations simplistes, de déclarations sans fondement, de conjectures et d’hypothèses. »

L’un de nos rédacteurs en chef, Rowland Harrison, critique l’ouvrage de Dennis McConaghy, intitulé BREAKDOWN: The Pipeline Debate and the Threat to Canada’s Future. Ce livre est la suite du livre de M. McConaghy, intitulé DYSFUNCTION: Canada after Keystone XL, publié en 2017. Il décrit en détail les évènements survenus principalement au Canada de la fin de 2015 à la fin de 2018, une période d’intenses mesures réglementaires, politiques, juridiques et autres liées aux propositions visant à ouvrir le marché de l’exportation aux ressources canadiennes de pétrole et de gaz naturel.


  1. Voir, par exemple, l’éditorial du volume 6, numéro 3 et l’article d’Adonis Yatchew dans le même numéro sur le site Web de l’ERQ, « Les contribuables devraient-ils financer l’innovation? », en ligne: <http://www.energyregulationquarterly.ca/fr/articles/should-ratepayers-fund-innovation>.
  2. Site Web de l’ERQ, « Série d’entrevues avec les présidents », en ligne : <http://www.energyregulationquarterly.ca/fr/chairs-interviews-series#sthash.2yhbkRcs.dpbs>.

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